La liberté du corps et la liberté d’esprit sont-elles indissociables?

    "Chanel a libéré la femme, Yves Saint-Laurent leur a donné le pouvoir." Pierre Bergé

 Auparavant, certaines femmes avaient bouleversé les mœurs de la société, en innovant : la garçonne. L'apparition de la mini-jupe révolutionnera les esprits.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

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    A partir de 1924, Gabrielle Chanel révolutionne la mode féminine. Elle fait disparaître les longues robes pour laisser place au célèbre tailleur-pantalon et de nouvelles coupes de cheveux apparaissent : les coupes à la garçonne, si longtemps dénigrées par la gente féminine.

    Mademoiselle Chanel sera la première à détourner les vêtements : elle adopte le pantalon, alors réservé aux hommes, car elle s'y sent plus libre dans ses mouvements. Coco Chanel a libéré la femme en supprimant le corset, le grand chapeau et la voilette. Son but : créer des vêtements pour habiller les femmes et non les emprisonner.

    Elle crée des modèles basics intemporels : les robes en jersey, le tailleur trois pièces en tweed, les ballerines bicolores, la marinière, ou encore la petite robe noire. Selon Karl Lagerfeld, Coco a tout créé de la mode contemporaine, sauf le jean. Aujourd’hui notre dressing est inspiré de ses créations et de ses détournements : par exemple, elle a aperçu sur une plage de Deauville, des pêcheurs vêtus d'une marinière et l'a intégrée dans ses collections. Ses mots d’ordres : libérer le corps de la femme, jouer avec de fines étoffes.

    Elle est la première à inventer le costume de sport pour les femmes. Elle veut que la femme se sente plus à l'aise, c'est pourquoi elle rejette les gaines et les corsets.

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    Coco Chanel a la volonté de mettre en valeur la femme par ses créations afin de la placer au même rang que les hommes, dans la société et dans le travail. Sa force de caractère permettra aux femmes de s'affranchir, de se réaliser de manière pérenne et engendrera des prises d'initiatives chez d'autres créateurs-couturiers comme Yves Saint-Laurent, facilitant alors l'accès au pouvoir par les femmes.

    Coco Chanel va accompagner et précéder l'émancipation de la femme par le style Chanel, dans les années 1920. Dans ces années folles, les silhouettes s'allongent, s'assouplissent, s'envolent.

 

   b) La garçonne

    « Moins de 100 ans avant le mouvement des hommes en jupe ; il y eut les femmes en pantalon.»   Les Garçonnes : Modes et fantasmes des Années Folles Christine Bard.

    Cette oeuvre rend hommage aux femmes pionnières qui ont eu le courage de faire face à l’homophobie, aux moqueries, à la désapprobation de la société en portant le pantalon durant la période 1920-1930. En adoptant l’habit des hommes, elles ont anticipé le mouvement d’émancipation et de la libération des femmes.

    L'origine de la coupe à la garçonne ? Coco se préparait pour une soirée de gala à l’Opéra, lorsque son chauffe-eau éclata, enduisant sa longue chevelure d’une couche de suie ! Coco s’empara d’une paire de ciseaux et se coupa les cheveux. Ce soir-là, jamais elle n’avait paru plus belle avec ses cheveux noirs coupés à la garçonne et sa simple tunique blanche.

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     La garçonne, avec ses cheveux coupés, ses robes raccourcies, sa silhouette tubulaire est une figure de mode androgyne, qui hésite entre masculinisation et invention d’une nouvelle féminité. Elle incarne, de manière ambigüe, l’émancipation des femmes. Figure mythique des années 20, la garçonne est une incarnation de la mode. Elle symbolise la femme émancipée, rebelle. Elle tire son indépendance d’une conduite inhabituelle : la garçonne fume et conduit vite.

     On observe le même phénomène Outre-Atlantique : « Flappers » est le nom que l’on donne aux jeunes filles modernes des années 1920 aux Etats Unis : jupe courte, robe, cheveux courts ou au carré, mœurs libres (alcool fort, cigarettes, sexe ) ; elles conduisent, sortent, s'amusent comme les hommes !

    Même dans le domaine de la religion, certains prêtres refuseront de donner la communion aux jeunes filles en pantalon. L’école laïque ne se montrera guère plus tolérante en interdisant le pantalon jusqu’à la fin des années 60, sauf pendant les rigueurs hivernales, à condition qu’il soit porté sous la jupe.

      

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    Yves Saint-Laurent restera l’un des couturiers majeurs du XXème siècle pour avoir « donné le pouvoir » aux femmes et transgressé les règles de la haute couture, en imposant une nouvelle garde-robe, où l’ultra-féminin se mêle au masculin, la haute couture au tailleur-pantalon.

    Lorsqu’en 1966, le premier smoking d’Yves Saint-Laurent apparut dans une collection de haute couture, ce fut la révolution. Un vêtement d’homme allait devenir le symbole de l’émancipation de la femme. Le smoking devient alors un style intemporel pour la femme. Les modes passent, le style reste. Avec ce vêtement emprunté aux hommes, le couturier fait entrer le pantalon dans la garde-robe féminine du soir. 

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   Homme, femme, les deux noms suggèrent l’androgynie. Il n’en est rien. Chacun reste à sa place. La femme d’Yves Saint-Laurent n’est en aucun cas masculine. Au contraire, elle emprunte les vêtements de l’homme pour mettre sa féminité en valeur, pour l’exacerber.

    Par ses vêtements, Yves Saint-Laurent a été un emblème de la transformation du statut de la femme au sein de la société française du XXème siècle.

    "Chanel a libéré la femme, Saint-Laurent leur a donné le pouvoir" Pierre Bergé


 d) Mini-jupe

    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la société voit la mode sans cesse évoluer avec l'apparition des magazines de mode et la création de la mini-jupe.

    La mini-jupe a été imaginée par Mary Quant en Angleterre dans les années 60 et a bouleversé la mode en dévoilant les jambes des femmes comme jamais auparavant. En 1963, le couturier français, André Courrèges, a tenté, à plusieurs reprises mais sans succès, d’imposer la mini-jupe.

    C'est dans sa collection Eté de 1965 qu'il propose pour la première fois plusieurs modèles de mini-jupes. Après son apparition, la mini-jupe se diversifiera et s’adaptera aux attentes des jeunes : jupes trapèzes, tubes, droites, plissées… Le développement du prêt-à-porter permet aux femmes et aux adolescentes de se procurer des mini-jupes à des prix modérés.

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     Dans cette période des "Trente Glorieuses", la mini-jupe était un symbole très fort d’indépendance pour les femmes.  Certains pays comme les Pays-Bas interdiront ce vêtement car celui-ci est jugé beaucoup trop provocant. Il sera d’ailleurs qualifié par la presse de "révolutionnaire".

 
     La mini-jupe devient le symbole de libération de la femme et provoque un scandale dans certains milieux conservateurs. Ce vêtement devient l'emblème de l’évolution des mœurs et une étape vers l'égalité des femmes. La mini-jupe permet aux femmes d’affirmer leur place dans la société, en particulier au sein de la famille, pour contrer l’autorité paternelle.



   

     Si les mini-jupes ont cédé du terrain face aux jeans, elles reviennent régulièrement à la mode, sous des formes toujours plus séduisantes et audacieuses.

 

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